Histoire de la Planification Familiale en RDC

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HÉRITAGE COLONIAL AVANT L'INDÉPENDANCE DU 30 JUIN 1960


Texte préparé par:
CHIRWISA FLORA CHIRHAMOLEKWA,
MALONGA MIATUDILA,

De 1908 à 1960, la République Démocratique du Congo (RDC) est connue sous le nom de Congo belge et demeure sous le joug colonial. Beaucoup de pratiques actuelles liées à la reproduction et la planification familiale puisent leur source dans cette époque, et même avant la période coloniale.

Comme dans beaucoup de pays africains, les sociétés traditionnelles tendent à donner de l'importance à l'espacement des naissances et à réprouver les intervalles courts entre celles-ci. À l'époque précoloniale, il est commun de penser que l'enchaînement trop rapide de grossesses peut menacer la survie de l'enfant, comme le reflète le mot kwashiorkor (littéralement, l'affliction imposée par le bébé aîné –kwaski– à son cadet –orkor– , en conséquence de l'arrivée prématurée de ce dernier). Pour éviter la honte associée aux grossesses imprévues, les femmes ont recours à deux principales stratégies: l'allaitement prolongé et l'abstinence, elle aussi prolongée de plusieurs mois (parfois plus d'une année) après l'accouchement. La polygamie rend plus facile cette pratique, puisque les hommes ont plusieurs compagnes pendant la période d'abstinence post-partum. Cependant, le colonialisme belge imposera ses propres notions chrétiennes et ses normes occidentales à la population locale, causant le déclin de la polygamie institutionnelle (mais n'influençant pas pour autant les pratiques multi-conjugales).

Avant 1900, l'infertilité est particulièrement élevée dans les régions dévastées par la traite des esclaves. Pendant les années 1920 et 1930, la mobilité géographique découlant du colonialisme favorise les épidémies, dont la Trypanosomiase africaine (« Maladie du sommeil ») et les infections sexuellement transmissibles, facteurs de stérilité. Après la deuxième guerre mondiale, l'infertilité décroit graduellement sur tout le territoire congolais, particulièrement dans les villes. On estime toutefois que dans les années 50, une femme sur cinq âgée de 30 ans et plus est sans enfant, plus de trois fois le taux attendu pour les populations en bonne santé en l'absence de politique familiale.

Avant 1960 (année de l'Indépendance), le gouvernement colonial conçoit une vigoureuse politique pro-natale et la met en œuvre pendant plus de cinq décennies. Les autorités coloniales pensent que le développement social et économique de la Belgique requiert d'une très forte croissance démographique dans leur colonie congolaise, ce qui les pousse à adopter une série de mesures financières et matérielles pour inciter les familles à s'élargir. Ces mesures comprennent des allocations généreuses pour les travailleurs, des exemptions d'impôts, des logements prioritaires, des cadeaux pour les enfants et les femmes enceintes se rendant dans les centres de soins, l'accès gratuit à l'éducation et des cérémonies publiques périodiques en l'honneur des couples ayant plus de sept garçons ou sept filles. Les organisations religieuses, des entreprises commerciales, des organisations privées et les institutions gouvernementales mènent une guère à la fois ouverte et subtile contre les méthodes utilisées traditionnellement par les locaux pour contrôler leur fertilité.

Le Congo belge adopte une loi contre le contrôle de grossesse, que la Belgique a emprunté à la France dès les années 1920. Cette loi passée au lendemain de la première guerre mondiale, interdit toute forme d'incitation à l'usage de contraceptifs, ainsi que toute propagande en leur faveur. L'avortement équivaut à un infanticide et est passible de sévères sanctions.

Les efforts du Congo belge pour augmenter la fertilité et réduire la mortalité sont efficaces. Au moment de l'Indépendance, le taux de fertilité de la République Démocratique du Congo est élevé, particulièrement dans les centres urbains et chez les femmes monogames. Il est de 6 enfants par femme en RDC et de 8 à Kinshasa. Dans les années 1960, la plupart des femmes proches de la ménopause ont donné naissance à au moins 10 enfants, plus de trois fois la moyenne observée chez les générations précédentes.

ORGANISATIONS DE SANTÉ MATERNELLE ET INFANTILE PENDANT LA PERIODE COLONIALE


Des services de santé maternelle et infantile sont mis en place par plusieurs organisations non-gouvernementales, des fondations et des centres de recherche, tels que:

  • Assistance aux Maternités et Dispensaires du Congo (AMDC)
  • Fondation de Fonds Reine Elisabeth pour l'assistance médicale aux Indigènes (FOREAMI)
  • Œuvres Reine Astrid, Pour la Mère et l'Enfant indigène (ORAMEI)
  • Fonds du Bien (FBI), mettant l'accent sur les populations indigènes
  • Institut de Recherche en Afrique centrale (IRSAC), fournissant entre autre l'aide aux enfants souffrant de malnutrition
  • Centre Médical et Scientifique de l'Université Libre de Bruxelles au Congo (CEMUBAC)

Ces ONG, fondations et centres de recherche reçoivent d'importants financements du gouvernement belge et de la royauté pour venir en aide aux mères et enfants de la colonie belge appelée « CONGO BELGE ET LE RWANDA URUNDI ». Cependant, la planification familiale n'est pas à l'ordre du jour puisque ces organisations estiment que la procréation est nécessaire au travail et aux besoins du marché. Le catholicisme étant la religion prédominante dans le pays, l'usage de contraceptifs artificiels est interdit.

Plusieurs entreprises minières et agricoles et d'autres organisations sont également impliquées dans le soutien de leurs travailleurs femmes et enfants, telles que:

  • La Minière de Bakwanga (MIBA)
  • La Générale des Carrières et des Mines (Gécamines)
  • La Société minière de Kindu (SOMINKI)
  • Les Mines de Kilomoto
  • La Cotonnière du Congo (COTOCON)
  • Les plantations Lever du Zaïre (PLZ)
  • L'Office des Transports du Congo (OTRACO)

Ces entreprises doivent allouer une partie de leurs budgets à la santé de leurs travailleurs femmes et enfants.

Avec l'Indépendance, plusieurs de ces organisations, dont AMDC, ORAMEI et FBI, ont été abolies, mettant fin aux services de santé maternelle et infantile dont des milliers de femmes avaient jusque là bénéficié. Néanmoins, CEMUBAC et IRSAC ont survécu et opèrent toujours en RDC, principalement dans l'Est du pays. Bien que FOREAMI ait été renommé Fonds National Médical et de Santé (FONAMES), toutes les tentatives de réactivation de cette institution ont échoué.

NAISSANCE DE LA RÉPUBLIQUE DU CONGO (30 JUIN 1960) ET PÉRIODE POST-COLONIALE

30 Juin 1960


Le pays prend son indépendance de la Belgique et est renommé « République du Congo ». Patrice Lumumba et Joseph Kasavubu sont élus Premier Ministre et Président, respectivement, lors des élections de mai 1960.

1965


Joseph Mobutu, Général de l'Armée Nationale Congolaise (ANC) monte un coup d'état et renomme le pays « République Démocratique
du Congo »
.

INTRODUCTION DU PARADIGME NAISSANCES DESIRABLES

1971


Le nom du pays change de nouveau; la République du Congo devient “Republic of Zaïre.”

1972


président Mobutu Sese Seko Le président Mobutu Sese Seko prononce un discours historique dans lequel il défend le concept de Naissances Désirables. Ce discours visionnaire fait du Zaïre le premier pays africain francophone à adhérer au paradigme de la planification familiale. Cependant, le gouvernement du Zaïre préfère utiliser le terme de « naissances désirables », considéré plus acceptable culturellement que celui de « planification familiale ». L'introduction de ce type de programmes au Zaïre est motivée par les taux élevés de mortalité infantile et maternelle et d'avortements chez les jeunes femmes, conduisant à l'infanticide, la mort et l'abandon de nouveaux nés. Le terme de Naissances Désirables reflète également la volonté de prévenir les grossesses non désirées et de combattre l'infertilité.

14 Février 1973


Afin d'assurer la mise en œuvre du programme de naissances désirables, le président Mobutu crée le Conseil National pour la Promotion du Principe de Naissances Désirables (CNPPND) par le décret présidentiel n°73/089. Cette loi autorise la promotion de l'information et des services de la planification familiale.

1975


Le Ministère de la Santé, en collaboration avec les églises locales, organise une conférence nationale qui aboutit à l'établissement d'un mandat pour les services primaires de santé et la création de Zones de Santé décentralisées. Entre 1975 et 1992, quelques hôpitaux mettent en place des prototypes de zones de santé opérationnelles (au Kisantu, Vanga, Bwamanda, Katana, Kasongo et Kimpese) avec le soutien des organisations religieuses et non-gouvernementales. Ces actions mèneront au développement d'un plan de santé sur cinq ans en 1982, créant les conditions pour la mise en place de 300 zones de santé comprenant 400 hôpitaux d'État ou associés à des centres religieux.

Novembre 1976


Le CNPPND confie ses opérations de terrain à un corps technique appelé Comité National des Naissances Désirables (CNND), dont le but est de promouvoir les services de la planification familiale. Le CNND commence par mettre en place ces services à petite échelle à Kinshasa. Sous la direction des docteurs Ferdinand Pauls et Anatole Sabwa a Matanda, et basé à l'hôpital Mama Yemo de Kinshasa (un centre hospitalier de 200 lits), le Comité développe un réseau de promoteurs du contrôle de la fécondité composé de gynécologues, infirmiers, juristes, sociologues, journalistes et démographes. En deux ans, des services contraceptifs deviennent disponibles dans diverses régions du pays, y compris à travers des centres de soins administrés par des entreprises commerciales et des groupes religieux. Les institutions catholiques rejoignent le mouvement, mais concentrent leurs efforts sur la promotion de l'abstinence en dehors du mariage et la méthode Knaus-Ogino pour les couples. Le Dispositif Intra-Utérin (DIU) –ou stérilet–, l'injection d'acétate de medroxy-progesterone, la pilule contraceptive, la méthode Knaus-Ogin et la ligature des trompes sont les moyens de prévention de grossesse les plus répandues. Le bureau médical de l'Église du Christ au Zaïre (ECZ), avec son directeur Nlaba Nsona et les missionnaires Florence et Ralph Galloway, soutiennent activement la planification familiale et facilitent les échanges avec les hôpitaux de l'ECZ pour en assurer l'approvisionnement par le CNND.

6-12 Septembre 1978


Après la Conférence Alma Ata, qui se déroule du 6 au 12 septembre 1978 sous la direction de la communauté internationale et avec le soutien de l'OMS et de l'UNICEF, la RDC lance immédiatement sa stratégie de services primaires de santé, couplée de la restructuration de son système de santé sur trois niveaux: central, intermédiaire (comprenant les provinces et les districts) et périphérique (les zones de santé).

November 1978


Le CNND devient l'Association Zaïroise de Bien-Être Familial (AZBEF), affiliée à de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (International Federation for Planned Parenthood, IPPF), à sous la condition que le Comité se transforme en une organisation non-gouvernementale. Le docteur Miatudila Malonga est élu premier président de la nouvelle ONG. L'AZBEF crée des bureaux régionaux dans chacune des six provinces du pays. L'organisation joue un rôle majeur dans la canalisation de l'assistance de l'IPPF à plus de 300 centres de la planification familiale situés à l'intérieur et à l'extérieur de la capitale, et dont la majorité est administrée par l'État, des organisations religieuses ou des entreprises commerciales. L'ONG devient l'un des piliers du paradigme de la planification familiale en informant les populations afin de générer des changements de comportements et de pratiques liées à la reproduction à travers de nombreuses interventions à la radio, la télévision, dans les journaux et lors de débats publics.

1979


L'UNFPA commence à financer la planification familiale au Zaïre.

1980-1984


L'Université de Tulane reçoit un financement de USAID pour la distribution communautaire de contraceptifs dans une zone urbaine (Matadi) et rurale (Nsona Mpangu) dans le Bas Zaïre. Cette action constitue le premier test de distribution communautaire de contraceptifs dans un pays d'Afrique francophone. Après son succès dans le Bas Zaïre, ce modèle s'étendra plus tard à d'autres parties du pays.

Août 1981


Le Ministère de la Santé signe un accord avec USAID pour la création du Projet de Santé Primaire Rurale, qui deviendra plus tard SANRU (Soins de Santé Primaires en Milieu Rural). Le projet vise à mettre en place 50 zones de santé décentralisées et spécialisées dans la santé maternelle et infantile, avec des services de la planification familiale. USAID et le Ministère de la Santé choisissent l'ECZ pour gérer ce projet national, en partie en raison du rôle important qu'a joué le Bureau Médical de l'ECZ dans l'intégration et la promotion de la planification familiale. SANRU devient rapidement un relais pour la distribution de produits et de services de planification familiale dans les nouvelles zones de santé rurales en développement. La planification familiale est définie comme un élément clé du Paquet Minimum d'Activités, dont chaque centre de soins du pays doit disposer. Ces actions viennent compléter le travail du PSND, principalement concentré dans les zones urbaines. En 1987, les projets SANRU I et II ont permis la création de 100 zones de santé (sur 306) au Zaïre.

SIGNATURE DU PROJET DES SERVICES DE NAISSANCES DESIRABLES

Février 1982


Le Ministère de la Santé créé le Projet de Services des Naissances Désirables (PSND), financé par USAID et adopté dans les douze divisions de services primaires de santé. Ce projet subventionne la construction d'un bâtiment dans l'enceinte de la maternité de l'hôpital de Kintambo, qui abritera les bureaux administratifs du PNSD et développera un modèle de clinique pour la planification familiale, sous le nom de Libota Lilamu. Le bâtiment et la clinique deviennent opérationnels en 1985, et sont dirigés par le premier directeur du PSND, Mme. Chirwisa Flora Chirhamolekwa.

Le PSND développe un programme très actif de services de planification familiale à Kinshasa, ainsi que dans 13 villes du pays. Grâce à l'aide de l'USAID, le PNSD inaugure 490 centres de la planification familiale intégrés aux centres de soins et aux maternités de 14 villes, et dans trois centres de formation à Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani. Quinze unités chirurgicales ouvrent leurs portes dans 14 villes du pays, dont des salles d'opération chirurgicales où des gynécologues et des médecins sont formés à la ligature des trompes et la vasectomie. Trois centres de maternité sont construits. Le PNSD approvisionne également les centres en contraceptifs et autres produits médicaux pour palier le besoin des familles du pays. Un centre de recherche dirigé par le PNSD développe une base de données dans le but d'évaluer les services de la planification familiale, en permettre le suivi et en assurer l'efficacité.

Juin 1986


Le décret présidentiel nº 86/209 créé le Comité National de la Population (CONAPO), dont la mission est de coordonner et orienter la politique nationale de sécurité sociale et de promouvoir le projet de naissances désirables. Jusqu'à cette date, le PSND utilisait l'argument de la santé pour promouvoir la contraception, en partie par peur des attaques auxquelles il se serait confronté si il avait utilisé l'argument de la démographie. Avec le temps, il devient de plus en plus évident que la contraception doit être repensée dans un contexte plus large, étant donnée sa nette association avec le développement socio-économique.

LES ANNÉES DES VACHES MAIGRES

1990


La situation politique du Congo se détériore. Sous la pression politique, Mme Chirwisa démissionne de la direction du PSND.

Septembre 1991


Des troubles sociaux éclatent au Zaïre, provoquant la destruction massive des commerces et des infrastructures. Le bâtiment du PSND à la maternité de Kintambo est saccagé. La situation politique du pays se détériore en raison du refus de Mobutu de se soumettre à la pression internationale et de démocratiser son régime pour s'adapter à l'après Guerre Froide.

 

1991


Selon un décret ministériel, le Projet National des Naissances Désirables (PSND) devait être entièrement financé par l'État, après l'interruption des financements du PSND et SANRU (et de la plupart des activités de santé dans le pays) par USAID. Toutefois, le gouvernement ne met pas en place les moyens nécessaires à l'opération du projet, bien que le Ministère de la Santé continue d'affecter du personnel supplémentaire au PSND. Ce dernier existe toujours en théorie, mais il est devenu inactif en pratique.

Mars 1992


Un décret présidentiel accorde l'identité juridique d'ONG à l'Association Zaïroise pour le Bien-Être Familial (AZBEF/ND), lui permettant ainsi de devenir membre affilié de la Fédération Internationale de pour la Planification Familiale. Dès lors, l'association intègre de nombreux nouveaux membres dont elle ne partage pas toujours la philosophie ni les valeurs, ce qui s'avèrera plus tard problématique pour l'organisation.

1994


Le Président Mobutu quitte le pouvoir.

Décembre 1994


Une délégation du Zaïre participe à la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) tenue au Caire, en Égypte. Ce sommet conduit à l'adoption du Principe de Santé Reproductive, avec de nouvelles composantes centrées sur la planification familiale et le droit des femmes. La délégation du Zaïre signe le Plan d'Action adopté au Caire.

Février 1996


Le décret ministériel nº 1250/CAB/MINISP/0096 crée le Programme National des Naissances Désirables, appelant à l'intensification des activités d'information, d'éducation et de communication sur la planification familiale.

1996 - 2004


Le conflit armé qui secoue le pays de 1996 à 2004 entraîne la paralysie de la plupart des services de santé à Kinshasa et dans d'autres régions du Zaïre, affectant également le PSND. Les activités du projet de services pour les naissances désirables manquent de financement et ne parviennent pas à répondre aux besoins de la population. Le Ministère de la Santé déstabilise la gestion du projet à coups d'interférences politiques, affecte du personnel superflu à des postes opérationnels, et crée des structures inutiles et des programmes qui auront un impact négatif sur les institutions de santé publique gouvernementales.

May 1997


Le conflit armé entraine la fin à la Seconde République et le début de la Troisième République présidée par Mzee Laurent-Désiré Kabila. Le troisième président du pays renomme ce dernier « République Démocratique du Congo », mais il faudra attendre sept ans avant la signature du traité de paix entre les diverses forces armées et pacifiques du pays. En conséquence de ces troubles civiles, la plupart des donateurs, dont USAID et IPPF, suspendent leurs subventions pour la planification familiale –certains, dès 1991. En 1997, l'AZBEF est renommée Association de Bien-Être Familial/ Naissances Désirables (ABEF/ND).

1998


UNFPA tente de réactiver les efforts du PSND dans le domaine de la Communication pour le Changement des Comportements (CCC), dans un but de sensibilisation et pour améliorer les services de la planification familiale, ainsi que leur utilisation et accessibilité. Cependant, cette tentative, comme plusieurs autres, ne parvient pas à empêcher le déclin général de la planification familiale en RDC.

REPOSITIONNEMENT DU PARADIGME DE LA PLANIFICATION FAMILIALE EN RDC

Juin 2000


L'Eglise du Christ au Congo (ECC) s'allie avec un groupe basé aux États-Unis, l'Interchurch Medical Assistance (IMA), et soumet une proposition à USAID pour réactiver SANRU –laquelle est acceptée. Ces efforts permettent le lancement du Projet SANRU III, dont le but est d'intervenir dans 56 zones de santé administrées par des églises pour y développer des services de santé. La Conférence nationale organisée par SANRU en 2003 devient, en réalité, une réunion massive de travailleurs de la santé provenant de tout le Congo, dont certains ne s'étaient pas revus depuis plus de 14 ans. Deux ans plus tard, la Banque Mondiale s'implique dans la région en finançant un projet (PMURR) basé sur le modèle de SANRU III pour développer la planification familiale dans 70 zones de santé en reconstruction. Ces deux projets créent un élan décisif vers le retour au développement de la santé publique et la sortie de l'intervention humanitaire, à l'exception du Congo de l'Est, toujours fragilisé.

Décembre 2001


Le décret ministériel nº 1250/CAB/MINI/S/AJ/KIZ/009/2001 créé le Programme National de Santé de la Reproduction, avec 11 bureaux régionaux de coordination. Le PNSR intègre la notion de planification familiale et de coresponsabilité des hommes dans la santé reproductive. Mme Louise Mbo est la première directrice du PNSR.

Janvier 2003


Le décret ministériel nº 1250/CAB/MIN/S/CJ/001/2003 conduit à la création et l'organisation du Programme National de Santé de l'Adolescent (PNSA), dont M. Mbadu Mwanda est le premier directeur.

13-14 Mai 2004


La première conférence pour le repositionnement de la planification familiale en RDC a lieu dans le cadre d'une alliance avec Advance Africa et SANRU III, mais elle de donne que peu de résultats, vraisemblablement parce que le pays subit encore des troubles sociaux importants.

Juillet 2008


Le Programme National de Santé de la Reproduction, sous la direction de Dr. Marie Louise Mbo, MPH et avec le soutien de l'UNFPA et de l'OMS, révise la politique nationale de santé génésique en reprenant neuf clauses du Programme d'Action du Caire, et en remplaçant la clause anti-avortement par la coresponsabilité des hommes dans l'amélioration du statut des femmes. La clinique du PNSR, Libota Lilamu, continue de fournir des services planification familiale, en dépit du manque d'équipement depuis la période de la guerre civile.






















December 8-9, 2009


Une deuxième conférence appelée « La Conférence Nationale pour le Repositionnement de la Planification Familiale en RDC » a lieu. Elle est présidée par la Première Dame, Marie-Olive Lemba Kabila Kabange. Un Comité multisectoriel est mis en place à l'issu de l'événement dans le but d'appliquer une série de recommandations évoquées durant la conférence.




13-14 Juin, 2012


La Réunion de Plaidoyer pour le Financement de la Planification Familiale en RDC a réuni des acteurs majeurs de la planification familiale en RDC et revitalisé les efforts locaux pour faire avancer ce thème. L’objective de la conférence était d’accélérer l’accès universel aux interventions de planification familiale dans le pays. Cette rencontre devait également permettre d’identifier les carences de l’offre et de la demande, établir un plan d’action pour palier celles-ci et créer un mécanisme d’intégration, de viabilité et de coordination pour la PF. La Coalition de Kinshasa pour la Planification Familiale constitue un important mécanisme crée en décembre 2012, date à partir de laquelle ce comité s’est réuni tous les trimestres dans le but d’augmenter la disponibilité de méthodes contraceptives à Kinshasa.

Mars 2013


Dr. Marie Thérèse Kyungu, MD, est devenue Directrice du PNSR en mars 2013. Gynécologue obstétricienne et clinicienne de formation, Dr. Kyungu était précédemment Directrice Adjointe du PNSR. Elle gère actuellement un effectif de plus de 100 employés.